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Que devient le droit à la santé quand un enfant est en exil?

Chaque année, le 20 juin, le monde rend hommage au courage des personnes qui ont été forcées de fuir leur pays pour échapper au conflit ou à la persécution.
 
Les enfants en situation de migration ne traversent pas seulement des frontières. Ils traversent des systèmes. Et parfois, ils y restent bloqués.
 
Quand on parle de santé, on pense naturellement à l’hôpital, au médecin, au traitement.
 
Mais pour un enfant ou un adolescent en situation de vulnérabilité exil, précarité, isolement l’accès aux soins repose sur bien plus que cela. Il dépend aussi de la langue parlée à la maison, de l’adresse, du statut administratif des parents, du parcours d’intégration, de la charge mentale des adultes qui les entourent.
 

Un droit inscrit, un accès incertain

 
Selon l’article 24 de la Convention des droits de l’enfant, chaque enfant a droit à la meilleure santé possible. En théorie, ce droit est universel. En pratique, les obstacles sont nombreux: démarches complexes, accès limité à certaines prestations, ruptures de suivi, absence de repères ou méconnaissance du système de santé local.
 
Le constat est simple: sans cadre stable, les soins ne suffisent pas. Un enfant qui vit dans l’insécurité ne peut pas se projeter, ni faire confiance, ni investir un parcours thérapeutique.
 

Soigner, prévenir… et protéger

 
Dans cet épisode du module 3 du tout premier MOOC (Massive Open Online Course) relatif aux droits de l’enfant ayant réuni des professionnel·le·s de tous les domaines liés à l’enfance en Suisse, Sarah Depallens, pédiatre à Lausanne, rappelle les trois rôles que chaque professionnel de santé devrait pouvoir exercer auprès de ces enfants:

  • Soins: repérer et traiter les troubles physiques et psychiques.
  • Prévention: transmettre les bons messages, adaptés à la culture, à la compréhension et au contexte familial.
  • Protection: garantir que l’enfant grandit dans des conditions compatibles avec son développement.

Et ces rôles ne peuvent être remplis qu’avec une lecture globale de la situation. Il ne s’agit pas uniquement d’un dossier médical, mais d’un projet de vie à évaluer et souvent à reconstruire.
 

Santé, statut, formation: un triangle vital

 
Sarah Depallens résume cela en trois pôles indissociables:

  • La santé: somatique, mentale, développementale.
  • Le cadre de vie: sécurité affective, administrative, matérielle.
  • L’accès à l’éducation ou à la formation.

Un déséquilibre sur l’un de ces axes peut compromettre les deux autres. Un adolescent qui vit avec la peur d’être expulsé ne peut pas s’engager dans une thérapie. Un enfant sans école perd des repères et du lien. Un logement précaire ou surpeuplé peut aggraver des troubles déjà présents.
 

Agir, ensemble

 
Certaines régions comme le canton de Vaud disposent de dispositifs interdisciplinaires performants. Mais même avec ces ressources, les limites administratives ou les fractures sociales freinent encore l’accès aux soins.
 
Et pourtant, des solutions existent: des professionnels formés, des approches systémiques, des collaborations renforcées entre services.

Accédez directement à cet épisode présenté par Sarah Depallens

Vos expériences ou remarques sur ce sujet sont les bienvenues.

Disponible gratuitement en français, allemand, italien